iLife: bienvenue dans la vie sous algorithmes
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iLife: bienvenue dans la vie sous algorithmes

BETC

Nous prenons de plus en plus conscience des relations que nous entretenons avec nos objets numériques. Cette maturité nous met face à l’« addiction » que nous pouvons porter à la technologie et les conséquences que celle-ci peut avoir sur notre vie.

En février 2017, nous avons interrogé 12 169 hommes et femmes âgés de 18 ans et plus, dans 32 pays : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Belgique, Birmanie, Brésil, Cambodge, Canada, Chine, Danemark, Equateur, Émirats Arabes Unis, Espagne, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Irlande, Italie, Japon, Malaisie, Mexique, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Portugal, République Tchèque, Royaume-Uni, Russie et Singapour.

Les prosumers, principaux influenceurs et éléments moteurs du marché, sont l'objet d'études Havas Worldwide et BETC depuis plus de 10 ans. Au-delà de leur impact économique, les prosumers jouent un rôle important, car ils influencent le choix des marques et les habitudes de consommation des autres. Leur comportement actuel sera ainsi vraisemblablement imité par les consommateurs traditionnels d'ici 6 à 18 mois.

 

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27% des Prosumers dans le monde affirment qu’ils sont devenus « esclaves » de leur Smartphone, 49% l’utilisent lorsqu’ils se réveillent au milieu de la nuit et 73% le gardent toujours à portée de main. De même, 66% des sondés s’accordent à dire que la technologie est une nuisance pour les relations humaines. Nous serions devenus des « esclaves » dotés d’opinions.

Le temps nous a rendu plus « experts » et conscients de nos usages. La fascination technologique n’est plus totalement opérante, elle cristallise au contraire nombre de débats en société. Les géants de la tech devront ainsi endosser leur part de responsabilité vis-à-vis de la propagation de fake news, l’étiolement des relations humaines, et également prendre en considération les inquiétudes grandissantes à l’égard du respect de la vie privée.

I. UNIS OU DIVISÉS?

Aujourd’hui la plupart des internautes utilisent les réseaux sociaux quotidiennement, quant aux plus réticents, ils verront se réaliser en moins d’une dizaine d’années le rêve de la Silicon Valley d’un « monde totalement connecté ». Du printemps arabe de 2012, aux mouvements #blacklivesmatter et #metoo en 2017, la capacité des réseaux sociaux à cristalliser et fédérer des dynamiques collectives n’est plus à démontrer. En effet, 71% des Prosumers dans le monde affirment que les réseaux sociaux sont un véritable moyen d’empowerment pour des causes importantes. 78% des sondés pensent que ces réseaux permettent à tout à chacun de s’unir pour être vecteur d’influence, être porteur de changement.

Toutefois, l’aspect bénéfique de ces dispositifs semble avoir un penchant néfaste : 42% des Prosumers pensent que dans le passé les réseaux sociaux ont réuni les gens, mais que désormais ils tendent au contraire à les diviser. Ces dispositifs initialement pensés pour élargir nos horizons ont finalement contribué à nous enfermer dans une « bulle ». Une tendance dont nous sommes conscients puisque 42% des Prosumers dans le monde s’accordent à dire que les réseaux sociaux tendent à confirmer nos opinions plus que de les contredire en laissant place au débat. Un phénomène préoccupant lorsque l’on constate que de plus en plus d’internautes utilisent les réseaux sociaux comme principale source d’information (52% des Prosumers).

Ce constat met à jour de nombreuses craintes. Par exemple, 41% des Prosumers dans le monde pensent que les réseaux sociaux tendent à mettre à mal notre sens critique. Que faire face à ce constat ? Nous n’abandonnerons surement jamais les « interwebs », mais peut-être investirons nous davantage des plateformes de peer-to-peer, par exemple Reddit qui laisse place à la diversité d’opinions.

On observe un regain d’attrait des consommateurs à l’égard des sources d’informations plus fiables faisant preuve d’une éthique journalistique, à l’image du New York Times qui voit ses abonnements exploser depuis l'élection de Donald Trump sous le signe des fake news.

Les réseaux sociaux ont également un impact important sur l’image de soi. 21% des Prosumers dans le monde, 39% des Millennials américains et 41% des Millennials du Royaume-Uni se disent déprimés par leur vie lorsqu’ils la comparent à celle de leurs pairs sur les réseaux sociaux. Notre futur semble alors de plus en plus corroborer aux visions dystopiques de la série Black Mirror dans laquelle nos existences sont déterminées en fonction des notations permanentes que nous recevons d’autrui. La représentation de soi cristallise de nombreuses tensions chez l’individu : 29% des Prosumers dans le monde, 40% des Millennials américains et 23% des Millennials du Royaume-Uni disent préférer l’image qu’ils renvoient d’eux sur les réseaux sociaux à leur propre vie.

II. DATA CREEP ET LA FIN DE LA VIE PRIVEE

La data a de nombreuses vertus dans notre vie. Elle simplifie la gestion de notre quotidien tout en le rendant moins stressant. Par exemple, 80% des Prosumers aimeraient avoir la possibilité de pouvoir géolocaliser leurs enfants à n’importe quel moment de la journée via leur Smartphone. 46% des sondés souhaiteraient également que leur réfrigérateur commande automatiquement les produits manquants et les fasse livrer à leur domicile. Nos vies frénétiques ont érigé l’utilité en valeur cardinale. Toutefois, lorsqu’il s’agit d’entreprises privées, la question de l’exploitation de la data est plus complexe. Seulement 33% des Prosumers voudraient que les marques soient capables de prédire les achats du foyer et les fasse livrer au lieu de résidence.  Lorsqu’il s’agit de vie privée, la question est tranchée : ne jamais aller trop loin dans l’exploitation des données personnelles. Alors que de nombreux individus seraient enclins à l’idée de contrôler les faits et gestes de leurs enfants, ces derniers semblent moins enthousiastes lorsqu’il s’agit de leur propre vie. Seulement 38% des Prosumers aimeraient que leurs amis et famille soient toujours capables de savoir où ils se trouvent à n’importe quel moment de la journée via le Smartphone.

Des craintes émergent à l’égard du développement des nouvelles technologies et de l’emprise qu’elles exercent sur nos vies : 78% des Prosumers s’inquiètent du fait que les objets connectés permettent d’orchestrer des surveillances illicites, 78% des sondés soulèvent le risque de piratage de ces dispositifs et des risques que l’individu et la communauté peuvent encourir si les données tombaient en de mauvaises mains. Cela ne fait qu’attiser la méfiance portée à l’égard des entreprises : 80% des Prosumers dans le monde sont inquiets de ne pas savoir ce que les compagnies font de leurs informations personnelles et de leur data. Sans surprise, la plupart des personnes interrogées commencent à réaliser qu’à l’avenir tenter de protéger ses données apparait comme une tentative vaine : 68% des Prosumers dans le monde s’accordent à dire que dans le futur aucun de nous ne sera capable de sécuriser ses données. Protéger sa vie privée deviendra alors un véritable luxe : 71% des Prosumers pensent qu’à l’avenir maintenir la confidentialité des data sera une entreprise onéreuse.  

 

III. L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : UN PARTENAIRE AU QUOTIDIEN

Que réserve le développement de l’intelligence artificielle pour l’humanité ? Elle pourrait nous être utile à de nombreux égards. En effet, 56% des Millennials dans le monde affirment que l’intelligence artificielle sera bénéfique pour la société. Un postulat auquel, 89% des Millennials chinois et 76% des Millennials indiens adhérent tout particulièrement. De manière générale, les bénéfices de l’intelligence artificielle semblent compenser les potentielles menaces : 48% des Prosumers pensent que l’intelligence artificielle sera fer de lance du progrès contre 22% qui affirment que son développement mènera à un asservissement de l’homme. Toutefois, les disparités d’opinions sont liées aux différences culturelles propres à chaque pays :  

Tension #1 – Le développement de l’intelligence artificielle nous rendra tous paresseux

47% des Prosumers s’accordent à dire que l’intelligence artificielle nous libérera des tâches répétitives et nous donnera davantage de temps pour profiter de la vie. Toutefois, cette dynamique a un prix : 61% des Prosumers pensent que l’intégration de l’intelligence artificielle et des robots dans notre vie nous rendra fainéants et passifs face à notre existence. 56% d’entre eux craignent également que l’être humain perde sa faculté à résoudre des problèmes par lui-même.   

Tension #2 – Qui est la réelle menace pour l’humanité ? Les robots ou l’homme lui-même ?

Peu d’individus semblent souscrire à la vision dystopique d’Elon Musk et Stephen Hawking lorsqu’ils évoquent la menace des robots tueurs : seulement 22% des sondés craignent que l’intelligence artificielle prennent le contrôle de l’humanité. Au contraire, le manque de confiance et les suspicions sont tournés vers l’homme qui semble être la principale menace. 44% des Prosumers redoutent que les hommes utilisent les robots pour faire la guerre et détruire la planète, 33% s’inquiètent que l’homme fasse usage des robots pour prendre le contrôle de l’humanité tout entière.

Tension #3 – Un job de perdu, dix de retrouvés ?

La question de l’emploi est clivante: 39% des Prosumers pensent que l’intelligence artificielle détruira des emplois et mettra au chômage des millions de travailleurs, mais 37% des sondés pensent au contraire que l’intelligence artificielle créera des emplois qui n’existent pas encore aujourd’hui. La tension s’exacerbe lorsque l’on observe les résultats spécifiques à chaque pays. En Chine, un pays porté par l’innovation, 59% des Prosumers pensent que l’intelligence artificielle créera de nouveaux jobs (seulement 34% en France), 20% affirment qu’elle en fera au contraire disparaitre (41% en France).  

Tension #4 – L’intelligence artificielle est bénéfique en de nombreux points, mais la société ne pourra se passer de l’homme   

De nombreux individus pensent qu’il est plausible que les machines exercent des emplois liés au domaine de la finance, des sciences ou de l’éducation. Toutefois lorsqu’il s’agit de professions traditionnelles, la question s’avère plus complexe. Par exemple, les domaines du journalisme, du droit ou de la santé sont plus difficiles à automatiser. La Chine est encore une fois de plus ouverte à l’innovation : 63% des Prosumers chinois ne voient pas d’inconvénients à ce que les robots soient des conseillers financiers, 47% des docteurs ou 32% des avocats. A l’inverse, au Royaume-Uni seul 18% des Prosumers seraient d’accord d’avoir un robot pour conseiller financier, 10% comme docteur et enfin 8% comme avocat.

 

Qu’en est-il de nos relations humaines avec ces machines ? 41% des Millennials s’accordent à dire que le perfectionnement technologique des robots sera tel que les différencier des humains apparaitra comme une entreprise complexe. Pour le moment, les relations sentimentales entre humains et robots semblent relever de la fiction puisque seul 12% des Millenials pensent qu’ils pourraient avoir une histoire d’amour avec une machine.

Toutefois, cette vision pourrait se réaliser dans le futur : 24% des Millennials dans le monde pensent qu’il sera normal que les êtres humains et les robots entretiennent des relations amicales ou romantiques. En Chine, 54% des sondés adhérent à ce postulat contre seulement 17% des français interrogés.

A l’inverse, le fait que les robots s’immiscent à ce point dans nos vies soulève certaines inquiétudes : 33% des Prosumers ont peur que l’homme perde sa capacité à accepter les imperfections proprement humaines, et 26% que l’on perde notre habilité à accepter des opinions contradictoires.

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